« 6 août 1870 »

Prix: à 5,00€

Les sources de ces 70 clichés en noir et blanc révèlent ce que l'on sait du soldat colonial Ben Lahcen. Les photos ont un aspect sombre, elles ne sont pas parfaitement nettes et le bruit de l'image est clairement perceptible. Cela s’explique par l’utilisation d’un objectif ancien et par le procédé de la gomme bichromatée, un procédé de tirage « emblématique du XIXe siècle », selon Marcel van Eeden, qui était présent sur place lors d’une visite guidée avant l’inauguration de l’exposition.

L’exposition est conçue comme un parcours circulaire. Chacun des murs illustre les différentes étapes que Marcel van Eeden a franchies au cours de sa recherche artistique afin d’aborder le personnage historique de Ben Lahcen. Juste après l’entrée, un mur supplémentaire se dresse. Il marque le début de la série d’images. On y voit des photos d’une stèle située devant l’Institut d’anatomie. Autrefois, un buste d’Ecker y trônait ; il a été retiré en 2021. Viennent ensuite des images de Schwetzingen, où Ben Lahcen – blessé le 6 août 1870 pendant la guerre franco-allemande – a été transporté à l’hôpital militaire. Après sa mort, son corps a été disséqué pendant plusieurs mois, décapité, puis remis à Ecker pour la poursuite de ses recherches.

Van Eeden a découvert en Algérie que Ben Lahcen s’était engagé dans l’armée à l’âge de 17 ans en tant que « volontaire » et a identifié la caserne où il était stationné. Mais selon van Eeden, il était difficile d’en savoir davantage, car les autorités officielles ne s’y intéressaient pas.

Repos et mémoire
Aussi peu de choses que l’on sache sur Ben Lahcen, il incarne de manière symbolique le sort de nombreuses autres personnes à l’époque coloniale. Ce n’est pas un hasard si ce cycle d’images commence et se termine à Freiburg. Une partie des restes de Ben Lahcen se trouve toujours à l’université ; depuis 2001, il repose dans une salle spécialement aménagée à cet effet – aux côtés d’autres personnes qui ont été déshumanisées par une science marquée par le colonialisme et le racisme.

La responsabilité des actes et le travail de mémoire y sont étroitement liés. L’université a également apporté son expertise à cette exposition. Lors de la visite guidée, la conservatrice Herda, du MNK, a salué le travail de l’artiste et souligné le défi que représente le fait de se rapprocher de la vie de cet Algérien après tant d’années : « C’est sacrément difficile de découvrir cette vérité. »

Van Eeden est désormais en contact avec une école d’art de Mostaganem (Algérie), près de laquelle vivait Ben Lahcen. Avec l’écrivain Xavier Le Clerc, c’est donc une voix aux racines algériennes qui commente l’exposition dans une vidéo.

Horaires d’ouverture de l’
Du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h ; le vendredi, de 10 h à 19 h

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